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En France, le solaire est compétitif et durable, même par rapport au nucléaire

https://www.pv-magazine.fr/2022/05/06/en-france-le-solaire-est-competitif-et-durable-meme-par-rapport-au-nucleaire/

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Le développement du photovoltaïque s’est accéléré au cours des dix dernières années, tant au niveau technologique qu’en termes de capacité installée. « La capacité des installations photovoltaïques dans le monde a été multipliée par 20, le prix des panneaux photovoltaïques a été divisé par 10, et leur rendement est passé de 15% à 20% » rappelle une équipe de chercheuses et de chercheurs du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et de la Fédération de Recherche Photovoltaïque (FedPV) qui a travaillé sur les questions posées par le développement du solaire PV en France.

Dans leur rapport final, publié plus tôt cette année, l’équipe de recherche a donc cherché à combiner les dernières connaissances sur le sujet afin que celles-ci soient prises en compte dans les débats, « trop souvent biaisés par des arguments approximatifs, basés sur des données anciennes voire complètement erronés ». Parmi les idées reçues relayées malgré leur inexactitude, on trouve la question de la durabilité et de la compétitivité des installations PV, notamment par rapport aux autres énergies.

Le solaire est compétitif par rapport au nucléaire

La cherté des installations solaires n’est plus une fatalité. Le prix des modules photovoltaïque a largement baissé au cours des dernières années atteignant aujourd’hui, selon les chercheurs, une base moyenne d’environ 0,2 €/W, soit 400 €/m2 et dix fois moins qu’il y a dix ans.

De leurs côtés, les coûts des installations ont également diminué – même s’il est vrai que la pandémie et les perturbations des deux dernières années sur la chaîne logistique mondiale ont impacté négativement les délais d’approvisionnement et donc les prix finaux. Selon l’Ademe, en 2019 en France, une installation résidentielle en toiture coûtait autour de 2 €/W et une centrale au sol de taille moyenne 0,7 €/W.

Le coût de l’électricité produite est un volet primordial dans la stratégie énergétique d’un pays. Le rapport du CNRS et de la FedPV établit, sur la base d’études sur le cycle de vie des installations, que « le coût de l’électricité d’origine PV issue d’une installation au sol est du même ordre de grandeur que le nucléaire existant ou l’éolien terrestre, autour de 0,05 €/kWh », comme le montre le tableau ci-dessous.

A noter : les données Greenpeace – Institut Rousseau sont spécifiques à la France, tandis
que celles de l’IEA et le NEA prennent en compte plusieurs pays. Les modes de calculs ne
sont pas tout à fait équivalents. La Cour des Comptes a proposé fin 2021 des évaluations
des coûts, et discute également des méthodologies de calcul et des limites de ces
évaluations dans son rapport « L’analyse des coûts du système électrique en France ».

Image : CNRS

95 % d’un module en fin de vie est valorisé

« Jusqu’à 95 % de la masse d’un module peut être valorisée », rappelle le rapport. En effet, en France, la collecte et le traitement en fin de vie des modules et de l’onduleur sont obligatoires et la filière de recyclage des panneaux est organisée et dynamisée par l’éco-organisme à but non lucratif Soren, qui propose notamment des points de collectes répartis sur l’ensemble du territoire.

En ce qui concerne le silicium de haute pureté, l’argent et le cuivre, qui représentent la majeure partie de la valeur d’un module, des progrès importants sont en cours pour améliorer la réutilisation encore marginale de ces composants à haute valeur. Le développement de l’industrie devrait d’ailleurs s’accélérer dans les années à venir, notamment grâce à des acteurs européens qui se spécialisent et innovent dans le domaine, à l’instar de Rosi Solar.

L’un dans l’autre, il est important de souligner que la filière prendra une tout autre envergure dans les années à venir puisque « les modules ont des durées de vie d’au moins 25 ans, tandis que la quasi-totalité des installations actuelles ont été réalisées après 2010 en France », comme le rappellent les chercheurs. Par ailleurs, ils soulignent des recherches sont en cours pour fabriquer un nouveau panneau solaire à partir d’un panneau en fin de vie (Fraunhofer Institute for Solar Energy Systems) ou encore mettre au point des modules capable d’être recyclés plus facilement, « par exemple en facilitant la séparation des matériaux qui forment le sandwich du module ».

(Fausse) idée reçue : « Le solaire n’est pas durable si l’on inclut la production de panneaux »

« Non, le solaire PV n’a pas un mauvais bilan carbone ! ». Comme le montre le tableau ci-dessous, le solaire présentent des taux d’émission un peu plus élevés que le nucléaire, mais reste plus de 10 fois inférieures aux énergies fossiles, gaz ou charbon (500 à 1000 gCO2eq/kWh). Dans le détail, les émissions de CO2 d’un système photovoltaïque se situent à environ 30 gCO2eq/kWh, soit en plein dans la moyenne des énergies décarbonées (renouvelables et nucléaire) qui génèrent des émissions de 10 à 40 gCO2eq/kWh.

Par ailleurs, le temps de retour énergétique d’une installation PV (qui tient compte de la fabrication des modules, des autres équipements nécessaires à la production, du transport, de l’installation, et de son démantèlement en fin de vie) est d’environ 1 an en France. Il est d’ailleurs amené à évoluer puisqu’il varie en fonction de la technologie utilisée et du lieu géographique de l’installation.

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